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« Devenir des tacticiens du digital »

Les 19 et 20 septembre, l’Ile Maurice a accueilli la deuxième édition de l’ID Congress. ID comme Innovation et Digital. ID comme… idées. Organisé par l’Association of communication agencies Mauritius et l’Association of practitioners in advertising Kenya, l’événement a en effet permis de faire un état des lieux du marché et des pratiques dans la zone océan Indien/Afrique de l’Est. Tout en bénéficiant d’analyses pointues d’experts internationaux. Retour sur l’ID Congress avec Thomas Giraud-Castaing, le président de l’AACC outre-mer.

 

Qu’attendiez-vous de cet ID Congress ?

Thomas Giraud-Castaing : Maurice, Kenya, Réunion, et même Moyen-Orient… Réunir les acteurs du monde de la communication de cette vaste partie du globe nous permet, à nous professionnels réunionnais, de nous confronter aux marchés et aux méthodes anglo-saxons. C’est culturellement enrichissant, d’autant que les études de cas présentées, pays après pays, nous ont permis de nous rendre compte que nos points communs sont au moins aussi nombreux que nos différences. Nous sommes en effet globalement confrontés à des problématiques de territoire similaires : les créatifs de tous ces pays doivent travailler avec des moyens limités, en tout cas bien plus limités que sur d’autres continents. Ce constat nous oblige, faute de budget approprié à la création de beaux films publicitaires, à investir des valeurs nouvelles, plus proches de la réalité des consommateurs ciblés. Proximité, empathie, générosité, individu, décalage, émotion… Autant de cartes à jouer dans un univers où la tendance est de plus en plus à vouloir préserver, voire favoriser, les aspérités de la communication. On ne s’attend pas forcément à ce qu’un fabricant de farine kényan mise sur l’art et la paix pour faire parler de son produit !

 

Une quinzaine d’intervenants du monde entier ont abordé divers aspects très précis de nos métiers. Lesquels de ces sujets ont-ils retenu votre attention ?

T. G-C : Profiter des éclairages de pointures internationales, lors des workshops thématiques mais également lors des repas pris ensemble, est une véritable chance pour les professionnels de la zone. Certaines évolutions techniques passionnantes ont été évoquées, comme par exemple les blockchains (qui permettent de suivre son message de A à Z, de l’éditeur de contenu au client final), les innovations supports (qui offriront des possibilités inédites de communication de proximité, voire quasiment individualisée) ou encore les solutions locales alternatives aux GAFA (pourquoi ne pas envisager des régies mutualisées spécialisées dans le retargeting de proximité ?). Une remise à plat des process, avec l’ensemble des acteurs concernés, semble indispensable pour retrouver cohérence et efficacité. Nous nous devons de rechercher la finesse des données et donc celle des campagnes publicitaires 2.0. Nous devons devenir en quelque sorte des tacticiens du digital. Nous devons réinventer nos pratiques, en imaginant par exemple de nouveaux usages pour les supports physiques ou en développant des formats éditoriaux insolites.

 

La Réunion serait-elle susceptible d’accueillir un prochain ID Congress ?

T. G-C : Pourquoi pas. Ou un événement équivalent purement francophone, ce qui pourrait être particulièrement intéressant. Mais rien n’est dans les tuyaux, tout reste envisageable. Une chose est sûre, de tels événements et de tels conférenciers manquent à la zone. Il n’y a qu’à voir les résultats du « Young creative challenge » pour s’en convaincre. Les présentations livrées à l’issue de cette master class animée par Felix Kessel, CEO chez OwenKessel Leo Burnett, ont été de très haut niveau. Comme quoi l’émulation booste les jeunes créatifs ! D’ailleurs, organiser une compétition de ce type avec les jeunes talents créatifs réunionnais est une idée (une ID ?) alléchante qui me met l’eau à la bouche…

 


						
					

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